"L’accueil des mineurs étrangers ne peut plus reposer sur les finances des départements"

Stéphane Troussel, président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis (©LOIC VENANCE - AFP)
Stéphane Troussel, président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis (©LOIC VENANCE - AFP)

Président (PS) du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel était l’invité du Grand Matin Sud Radio ce jeudi pour tirer la sonnette d’alarme sur le sujet de l’accueil des mineurs étrangers isolés en France.

C’est l’une des grandes urgences sociales du moment en France. Selon les estimations, entre 15 et 25 000 mineurs étrangers isolés seraient aujourd’hui sur le territoire français, un chiffre qui ne fait que grossir depuis la crise migratoire et l’explosion des conflits dans certaines régions du monde. Invité du Grand Matin Sud Radio, le président (PS) du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis, Stéphane Troussel, tire la sonnette d’alarme sur ce sujet qui a de sérieuses répercussions financières, même s’il assure considérer "tout à fait légitime que la France assume une part de la solidarité internationale envers ces jeunes".

"Selon notre loi, les départements sont responsables depuis de très nombreuses années maintenant de la protection de l’enfance due à tout enfant mineur, français ou étranger, qui est parfois privé de l’accompagnement de ses parents pour des raisons familiales ou sociales. Cette mission, nous l’assumons. C’est ce qu’on appelait autrefois la DDASS, et aujourd’hui l’aide sociale à l’enfance. Nous le faisons avec des éducateurs spécialisés, des familles d’accueil, etc. Mais il s’agit ici d’enfants que la France protège au titre de ses valeurs, de la Convention internationale des Droits de l’enfant, et ça ne peut pas reposer sur les seules finances des départements ! D’autant plus que certains sont plus concernés que d’autres", explique-t-il.

"Ce n’est pas tenable !"

"Dans mon département, alors même qu’on a déjà alerté sur ce phénomène et obtenu de l’État la mise en place d’un système d’évaluation de répartition nationale, il y a eu une accélération considérable ces deux dernières années. Fin 2015, la Seine-Saint-Denis prenait en charge moins de 500 mineurs étrangers. Si on continue au rythme actuel, à la fin de l’année 2017 ce sera vraisemblablement plus de 1200. J’y ai consacré 19 millions d’euros en 2015, à la fin de l’année ce sera 42 million... Ce n’est pas tenable !", s’alarme-t-il.

Pour Stéphane Troussel, l’État français doit prendre ses responsabilités dans ce dossier. "Il y a d’abord une phase d’évaluation et de mise à l’abri, que nous avons pour notre part confié en délégation à la Croix-Rouge, afin qu’un juge détermine si ces enfants sont mineurs et s’ils relèvent de la protection de l’enfance et sont donc confiés au président du département. C’est cette phase-là qui devient de plus en plus compliquée, longue et coûteuse aujourd’hui. Nous demandons au gouvernement de reprendre cette phase à sa charge. Pour ces enfants, il y a des questions liées à leur situation réglementaire, leur âge ou leur isolement, et nous disons au gouvernement que cela relève davantage des pouvoirs régaliens de l’État", assure-t-il.

Réécoutez en podcast l’interview de Stéphane Troussel dans le Grand Matin Sud Radio

 

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Michel Ange
- Jeudi 12 octobre 2017 à 17:18
Si ce n'est pas le département qui ne mettra plus la main à la poche, cela sera sans nul doute la région ou l'Etat, in fine comme d'habitude le contribuable sera mis à l'épreuve du "citron".
Pendant ce temps là des personnes âgées ont tout juste de quoi se nourrir, sans oublier nos agriculteurs qui travaillent à perte en faisant 35 heures en 2 jours pour un salaire digne des pays sous développés.

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