"La police de proximité ne correspond pas du tout à ce qui doit être fait"

Les effectifs policiers sont aujourd'hui à flux tendus, selon Daniel Chomette (USGP Police)
Les effectifs policiers sont aujourd'hui à flux tendus, selon Daniel Chomette (USGP Police)

Alors que Gérard Collomb a annoncé le retour très prochainement de la police de proximité, certains syndicats de police sont aujourd’hui plus que sceptiques face à cette annonce.

Popularisée par Lionel Jospin puis supprimée par Nicolas Sarkozy, la police de proximité s’apprête à faire son grand retour en France, et ce d’ici la fin de l’année selon le ministre de l’Intérieur lui-même, Gérard Collomb. Une annonce qui laisse sceptique certains policiers, dont Daniel Chomette, délégué général du syndicat USGP Police. "Le concept de police de proximité tel qu’on l’a connu à la fin des années 1990 et au début des années 2000 ne correspond pas du tout à ce qui doit être fait aujourd’hui. Le concept a par ailleurs été malmené et je pense qu’il faudrait rayer du vocabulaire cette terminologie pour la police. On préfère parler de sécurité du quotidien. Le principe est très simple : reconquérir toutes les zones de non-droit, permettre aux policiers déployés sur un secteur déterminé de pouvoir travailler sereinement en leur laissant l’initiative de la gestion sécuritaire de ce secteur et en établissant un contact avec tous les acteurs sociaux sur place. Et puis bien sûr, mettre hors d’état de nuire les délinquants qui sévissent en les remettant à la justice, ce qui n’était pas tout à fait le concept de la police de proximité. Il ne s’agit pas d’aller délivrer des cartes de visite ou de faire joujou avec des délinquants", déclare-t-il au micro du Grand Matin Été sur Sud Radio.

"On ne peut pas se permettre d’avoir des quartiers ou des zones de non-droit"

Appelant à "repenser la police nationale et la réorganiser", Daniel Chomette plaide pour "une présence physique quotidienne et fidélisée dans ces quartiers. Il faut aussi de la répression, on ne peut pas faire autrement malheureusement. (…) Il y a dans ces zones de non-droit un petit nombre de personnes qui «emmerdent» au quotidien les habitants, il faut les interpeller et faire un travail de police. Dans un pays comme le nôtre, qui est le plus visité au monde, on ne peut pas se permettre d’avoir des quartiers ou des zones de non-droit. Le concept de fidélisation est bon, mais il faut réorganiser la police nationale, et notamment revoir les horaires des policiers qui sont aujourd’hui à flux tendus", préconise-t-il.

"Certains commissariats se retrouvent aujourd’hui avec des rats"

La question des moyens reste donc ici au cœur des débats, alors que le gouvernement a demandé à la plupart des ministères de se serrer la ceinture. À l'heure où une coupe budgétaire de 526 millions a été annoncée pour la police nationale, Daniel Chomette tire la sonnette d’alarme. "Nous ne comprenons pas cette coupe, qui tend à dire que les services de police n’ont pas besoin de cet argent alors qu’on a aujourd’hui des commissariats qui sont véritablement délabrés. Et encore, les plaignants ne voient que la vitrine, ils ne voient pas ce qu’il en est derrière, avec les vestiaires des fonctionnaires, les douches, etc. Il y a des endroits où si l’Inspection du travail se déplaçait, elle interdirait tout simplement les personnes à travailler dans ces locaux ! Moisissures, fuites d’eau, carrelage qui manque… Certains commissariats construits à côté d’un point d’eau se retrouvent avec des rats, c’est totalement inadmissible", s’insurge-t-il.

Retrouvez également l'intégralité de l'interview de Daniel Chomette dans le Grand Matin Été sur Sud Radio

 

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HERISSON
- Jeudi 17 août 2017 à 12:05
Bonjour
Ce sera toujours mieux que le karcher de Sarko qui est tombé en panne
Vive mon Village

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