Formation professionnelle: "Les bonnes personnes ne sont pas autour de la table"

Photo d'illustration ©CHRISTOPHE ARCHAMBAULT - AFP
Photo d'illustration ©CHRISTOPHE ARCHAMBAULT - AFP

Jérôme de Rocquigny, dirigeant d'entreprise, président d'un centre de formation des apprentis et vice-président du Cerf (Créateurs d'emplois et de richesses en France) était l'invité du journal de 18h sur Sud Radio.

Nouvelles réunions entre le gouvernement et les partenaires sociaux au sujet, notamment, de la formation professionnelle. Pour Jérôme de Rocquigny, dirigeant d'entreprise, président d'un centre de formation des apprentis et vice-président du Cerf (Créateurs d'Emplois et de Richesses en France), ce cérémonial des réunions risquent, une nouvelle fois, d'accoucher d'une souris.

Invité du journal de 18h au micro de Véronique Jacquier, il estime que les bonnes personnes ne sont pas invitées à donner leur avis et que les partenaires sociaux n'ont pas l'objectif d'améliorer la question de la formation professionnelle : "Depuis 20 ans, les gouvernements successifs font des réunions avec les partenaires sociaux. Avez-vous vu le nombre de jeunes en alternance augmenter ? Non, il a été divisé par 4. Vous avez de plus en plus de chômeurs, d’hommes, de femmes de plus en plus de 50 ans qui ne sont pas formés. Il serait temps de s’interroger si ce sont les bonnes personnes qui sont invitées autour de la table. Ces gens-là sont déconnectés."

Pour lui, "sur l'apprentissage et l'alternance, les contrats de professionnalisation, il faut sortir des accords de branche et revenir à des salaires calés sur le SMIG, et non sur le SMIC, et on créera près de 200 000 emplois en moins de deux ans. Personne ne nous entend parce que les branches et les partenaires sociaux veulent garder le pouvoir."

Les TPE et PME n'ont pas accès au budget de la formation

"Il faut mettre des garanties de qualité et surtout revoir le financement, a ajouté Jérôme de Rocquigny. Aujourd’hui, vous êtes patron d’une TPE ou PME, vous ne pouvez pas faire former votre personnel. Vous êtes patron d’une entreprise du CAC40 ou DRH d’une grande entreprise, vous avez tout le budget que vous voulez pour des gens qui ont fait des études supérieures, qui ont Bac +5 ou Bac +6. Les entreprises TPE, PME, alors que ce sont elles qui créent de l’emploi en France, elles n’ont pas accès au budget de la formation. La mutualisation a été supprimée, on a mis en place l’inéligibilité à des formations inscrites à un répertoire des métiers. C’est une hérésie totale."

Et d'ajouter : "Prenez l’exemple d’un jeune plombier qui s’installe. Il commence à bien décoller, il se rend compte qu’il ne s’en sort pas avec sa comptabilité, qu’il a besoin d’une secrétaire. Une secrétaire bien formée sur Excel va gagner 40 % de son temps. Pendant ce temps-là, elle peut aller chercher de nouveaux clients, mieux gérer l’entreprise. Et aujourd’hui, ce dirigeant d’entreprise, on lui dit ‘Non, votre secrétaire, vous ne la formez pas, parce qu’on a décidé que c’était comme ça’."

Écoutez l'interview de Jérôme de Rocquigny, invité du journal de 18h au micro de Véronique Jacquier

 

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leroy
- Vendredi 13 octobre 2017 à 07:01
je suis d'accord avec lui . seul les profiteurs sont la .

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