"Beaucoup de femmes victimes de violences gynécologiques se sentent coupables"

Mélanie Déchalotte, journaliste et auteur du "Livre noir de la gynécologie"
Mélanie Déchalotte, journaliste et auteur du "Livre noir de la gynécologie"

Mélanie Déchalotte, journaliste et auteur du Livre noir de la gynécologie (éd. First), était l'invitée du Grand Matin Sud Radio.

Invitée du Grand Matin Sud Radio, Mélanie Déchalotte, journaliste et auteur du Livre noir de la gynécologie (éd. First), a évoqué le fait que "beaucoup de femmes victimes de violences gynécologiques ou obstétricales n'en parlent pas parce qu'elles ont honte, qu'elles se sentent humiliées et souvent coupables".

"Il y a aussi le problème que beaucoup de victimes n'ont pas forcément conscience que ce qu'on leur a fait n'est pas normal, elles ont appris à accepter un certain degré de violences, elles confondent, un peu comme tout le monde, la violence de l'accouchement et la violence des soignants", a-t-elle ajouté.

Selon elle, "cette violence a toujours existé. Elle s'explique par l'origine des disciplines gynécologiques et obstétriques, qui sont d'abord une main-mise des hommes accoucheurs au détriment des matrones. Ils ont pris possession des capacités reproductives des femmes en inventant les instruments d'extraction abdominale et en empêchant les sage-femmes d'y avoir accès."

 

"Ce n'est pas un livre contre les gynécologues, contre une profession, a précisé Mélanie Déchalotte. Les sage-femmes ne sont pas du tout épargnées. Tous les soignants peuvent être concernés par la maltraitance et la violence en gynécologie et en obstétrique, que ce soit des anesthésistes, des gynécologues, des sage-femmes. Ils peuvent être concernés. C'est très bien que la ministre se soit saisie du problème et qu'elle ait osé le dire de façon publique. Ce livre, finalement, j'espère qu'il sera d'abord lu par les soignants, parce que la majorité des soignants sont bien intentionnés. Pour autant, ils n'ont pas conscience des actes qu'ils posent, de l'idéologie qu'il peut y avoir derrière certains actes et surtout de l'impact qu'ils peuvent avoir sur les femmes."

Écoutez l'interview de Mélanie Déchalotte, invitée du Grand Matin Sud Radio, présenté par Patrick Roger et Sophie Gaillard

 

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Alice Braitberg
- Jeudi 5 octobre 2017 à 13:50
Nous femmes nous sentons toujours coupables quand nous sommes sexuellement agressées et la société renforce cette culpabilité comme le flic qui demande à Sandrine Rousseau "Comment étiez-vous habillées ?" Allumeuse, nymphomane, provocatrice, imprudente, inconsciente, mythomane, salope, pute, incitatrice, tentatrice, messagère d'invitation subliminale à la fornication, obsédée sexuelle, impudique, coupable, responsable et l'a bien cherché. Tels sont les arguments du prédateur qui n'a" pas pu réprimer ses pulsions". C'est la culture du viol !

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