15 août : 25 000 pèlerins sous haute surveillance à Lourdes

Des militaires patrouillent devant le Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes ©PASCAL PAVANI - AFP
Des militaires patrouillent devant le Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes ©PASCAL PAVANI - AFP

Encadrés par un dispositif de sécurité réduit par rapport à 2016, mais encore important, 25 000 personnes ont participé, ce mardi, au traditionnel pèlerinage de l'Assomption à Lourdes.

La pluie fine ne les a pas découragés. Ce mardi, pour le traditionnel pèlerinage de l'Assomption, à Lourdes, près de 25 000 pèlerins se sont réunis, rassemblés sur l'immense prairie qui jouxte la basilique et la grotte, pour la traditionnelle messe internationale en plusieurs langues, du chinois à l'anglais, de l'espagnol à l'arabe.

"Nous sommes venus là pour demander à Sainte-Marie d'apporter la paix en Irak et dans le monde entier", témoigne Najat, venue d'Irak. Affluant depuis tôt dans la matinée au Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, les pèlerins doivent slalomer entre les barrages installés aux entrées de l'immense sanctuaire afin de stopper toute éventuelle voiture bélier. Car le dispositif de sécurité reste important, même s'il est réduit par rapport à celui mis en place en 2016, année de plusieurs attentats dont celui, perpétré quelques jours plus tôt, à Saint-Étienne-du-Rouvray, où deux jeunes se réclamant de l'État Islamique ont assassiné le père Hamel dans l'église de cette commune de Seine-Maritime.

Avant de rejoindre la Grotte de Massabielle, où la Vierge est apparue en 1858 à Bernadette Soubirous, selon l'enseignement catholique, les fidèles devaient se presser dans de longues files d'attente devant les portes d'entrée au lieu saint, dont le nombre a été réduit de douze habituellement à seulement trois, et se soumettre à la fouille de leurs sacs. La police de l'air et des frontières survole également le lieu cultuel.

Trois cents policiers et gendarmes, ainsi qu'une trentaine de militaires de la mission Sentinelle, ont été mobilisés, selon la préfecture des Hautes-Pyrénées, soit deux cents de moins que l'an dernier. 

Mais l'omniprésence des forces de sécurité ne semblait pas perturber les pèlerins: "J'ai entendu parler de plein de catastrophes, des attentats... Donc on vient pour confier à Marie le monde entier", explique Claire Emmanuelle, de la région parisienne, tandis que passe un militaire en armes.

Une trentaine d'agents de sécurité ont en effet été déployés au sein même du sanctuaire de 52 hectares, ce qui est très rare. La circulation a de plus été interdite une bonne partie de la journée aux abords du site.

"Pas particulièrement ciblée"

Le sanctuaire marial est l'un des premiers lieux de pèlerinage catholique au monde. Il accueille chaque année environ 4 millions de visiteurs. Lors de l'Assomption, qui a lieu du 11 au 15 août, 25 000 pèlerins environ y convergent chaque jour, dont la moitié d'étrangers, selon le Sanctuaire.

"On reste à un niveau de menace élevée et diffuse sur tout le territoire national. Même si Lourdes n'est pas particulièrement ciblée, nous la prenons en compte", a déclaré la préfète Béatrice Lagarde lors d'une conférence de presse présentant vendredi le dispositif de sécurité.

Les dignitaires religieux reconnaissent ce besoin de mettre en place un dispositif de sécurité renforcé mais soulignent également la nécessité de ne pas perturber le recueillement. 

"Nous serons 25 000 aujourd'hui avec un encadrement évidemment de la part de la direction du pèlerinage, des forces de sécurité de l'Etat et de la Ville. Donc c'est un travail de collaboration et qui permet aux pèlerins venus chercher un climat de sérénité, de prière, de trouver ce qu'ils sont venus chercher", a déclaré à l'AFP Fabien Lejeusne, directeur du Pèlerinage national de Lourdes.

Dans son homélie, Mgr Nicolas Brouwet, évêque de Tarbes et Lourdes, a appelé à "accepter de faire silence pour laisser Dieu parler". "Si on laisse Dieu conduire nos vies, Il nous emporte bien plus loin que ce qu'on aurait pu imaginer", a-t-il dit devant la foule bigarrée des fauteuils roulants, évêques coiffés de leur mitre, et fidèles venus du monde entier.

Depuis sa création en 1873, le plus grand pèlerinage catholique français célèbre la montée au ciel de Marie, la mère du Christ, selon le dogme catholique.

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