Florian Philippot : "L’État espagnol s’y est pris comme un manche en Catalogne"

Florian Philippot, président des Patriotes
Florian Philippot, président des Patriotes

Ancien vice-président du Front national, Florian Philippot était l’invité politique du Grand Matin Sud Radio ce lundi. 

Député européen et ancien vice-président du Front national, Florian Philippot était l’invité politique du Grand Matin Sud Radio ce lundi. L’occasion pour lui de revenir sur l’actualité du week-end, et notamment sur la question de l’indépendance catalane et de ses répercussions. "Notre cœur va à l’unité des nations de manière assez évidente. Nous connaissons le rôle assez délétère que joue l’Union européenne depuis des années pour exciter les régionalismes et les séparatistes, de manière directe ou indirecte. (…) Mais sur ce sujet, l’État espagnol ne s’y est pas pris extraordinairement habilement, il s’y est plutôt pris comme un manche, d’ailleurs. Qu’il fasse respecter la loi et l’ordre constitutionnel c’est bien normal, si le référendum est illégal. Sinon, c’est l’anarchie et le chaos. Mais certaines images (urnes renversées, électeurs jetés par terre...) jouent évidemment contre lui. Puisque la question catalane existe malgré tout, on aurait pu imaginer un processus à l’écossaise, qui aurait peut-être mener à un référendum et qui d’ailleurs n’a pas mené à une indépendance en Écosse !", a-t-il déclaré, appelant notamment les Français à "profiter de cette crise pour réaffirmer leur attachement à l’unité nationale et être bien conscients de ce que ça leur apporte en termes de cohésion sociale et de rayonnement dans le monde".

"Jamais très proche humainement de Marion Maréchal-Le Pen"

Alors que Marine Le Pen a déclaré ce week-end à Carpentras que le départ de Florian Philippot ne signifiait pas forcément le retour de Marion Maréchal-Le Pen au premier plan, le président des Patriotes a tenu à mettre les choses au clair. "C’est l’affaire du Front national, je n’ai pas grand-chose d’autre à dire. C’est à eux de voir avec qui ils veulent diriger leur parti. J’ai tourné la page. Il n’y avait pas de mésentente forte avec Marion Maréchal-Le Pen, même si on avait des points de divergence notamment sur l’IVG. On n’a jamais été très très proches humainement, mais on n’était pas ennemis non plus. Elle est partie sur des arguments qui lui appartiennent et que je n’ai pas à commenter", a-t-il rappelé.

L’actualité politique du week-end a également été marquée par la querelle entre les partisans de Manuel Valls et Jean-Luc Mélenchon sur la question du rapport à l’islam. Une dispute qui laisse Florian Philippot plutôt circonspect. "Cette petite guéguerre à coups de hashtags et de tweets tout le week-end m’intéresse assez peu. J’ai vu Manuel Valls au pouvoir : je me souviens de ses saillies sur les Roms en début de quinquennat, puis il n’y avait rien derrière. C’était le même laxisme que les autres, y compris sur la question du fondamentalisme islamiste. On peut avoir des mots, dire des choses et chacun peut avoir son idiot utile qui vous donne une existence et le sentiment que vous incarnez une certaine fermeté, mais en réalité Manuel Valls a-t-il incarné cette fermeté quand il était au pouvoir ? Absolument pas", fustige-t-il.

"Certains maires ont sombré dans le clientélisme communautariste"

Sur la question de la montée de l’islamisme dans certains quartiers de France, Florian Philippot a une nouvelle fois insisté sur les reculs de l’État français selon lui. "J’aimerais qu’on lutte sur le fond contre le fondamentalisme islamiste et qu’on refuse les petites capitulations du quotidien, parce qu’il n’y a pas que les attentats. Ces petites capitulations, lors qu’on va accepter qu’une femme reçoive une pression sociale dans certains quartiers, ou que ce ne soit plus tout à fait la loi de la République qui s’exprime dans certains cours d’histoire à l’école… Ces petites reculades additionnées font une grosse reculade de la République. (…) Je crois que les maires sont très démunis face à tout cela et font ce qu’ils peuvent la plupart du temps, sauf certains qui ont eux aussi sombré dans une forme de clientélisme ou de gestion communautariste", a-t-il pointé.

Enfin, le député européen a une nouvelle fois martelé son intention de voir la France sortir de l’euro et retrouver sa souveraineté monétaire. "Si je suis le seul à plaider pour la sortie de l’euro, alors je suis un des seuls responsables politiques qui ne mentent pas aux Français. Si vous faites en permanence des promesses aux Français mais qu’on reste un pays sous tutelle de l’UE, incapable de maîtriser son budget, sa monnaie, ses frontières ou ses lois, alors vous mentez. Alors ça s’appelle Sarkozy, ça s’appelle Hollande, ça s’appelle Macron, ça s’appelle du blabla. Nous devons reconstituer un instrument politique. Cela ne veut pas dire qu’on le fera du jour au lendemain, mais qu’on doit prendre une décision d’indépendance nationale comme l’ont fait les Britanniques. J’en ai discuté récemment avec Nigel Farage, qui m’a dit que lorsqu’on a une conviction en tête, il faut s’y tenir jusqu’au bout. C’est ce qu’il a fait avec le Brexit, eh bien moi je pense qu’il faut organiser un Frexit", a-t-il expliqué.

Sur le même sujet
Vos réponses pour cet article

Ajouter un commentaire

Les rubriques Sudradio