éditorial

L'édito de Michaël Darmon

A propos...

Journaliste au service économie et politique de TF1 de 1990 à 1993, il est le correspondant de la RTBF à Jérusalem de 1992 à 1993. En 1994, il entre à France 2, au sein du service politique. Il suit l...
Michaël Darmon
Politique

Emmanuel Macron fonce plein gaz vers la réforme de l’assurance-chômage

Emmanuel Macron (©Ludovic Marin - AFP)
Emmanuel Macron (©Ludovic Marin - AFP)

Alors que les fonctionnaires défilaient dans la rue ce mardi 10 octobre, le président de la République Emmanuel Macron ne compte pas vraiment tenir compte de cette mobilisation dans son agenda futur.

C’est très simple, ça ne fait ni chaud ni froid du côté du chef de l’État ! En début d’après-midi hier, l’un de ses conseillers jetait un œil rapide aux images des chaînes d’informations et jaugeait les défilés clairsemés. «C’est réglé», commentaire lapidaire. Au même moment, le président de la République expliquait la philosophie de la réforme de l’assurance-chômage devant des étudiants de l’université de Francfort parce qu’on se prépare à ouvrir la prochaine étape jugée cruciale : la présentation aux partenaires sociaux ce jeudi des réformes de l’assurance-chômage, de la formation professionnelle et de l’apprentissage !

Mesures qualifiées d’explosives selon un conseiller du président car elles auront tout simplement pour conséquence de reprendre le contrôle de la gestion des milliards d’euros actuellement gérés par les syndicats dans les organisations de formations professionnelles. Objectif : permettre à l’État d’accompagner les reconversions professionnelles en permettant par exemple de toucher des indemnités de chômage en cas de démission pour changer de projet. C’est le fameux thème de l’émancipation des individus, qui doivent reprendre en main leur destin. Aux yeux du président, c’est une réforme fondamentale. Il l’expliquera d’ailleurs aux syndicats qu’il recevra séparément, comme pour la réforme du code du Travail puisque cette méthode a porté ses fruits, dit-on autour du chef de l’État.

Cette réforme touche au cœur du financement des syndicats, et donc de leur influence depuis des années. On entre dans le dur ! Ce sera très certainement la fin du paritarisme, c’est une révolution dans le modèle social français. Macron se dit d’autant plus déterminé que l’examen des sondages le conforte selon lui. Les enquêtes d’opinion qui arrivent en ce moment sur son bureau valident la détermination présidentielle, le respect du programme annoncé et l’autorité mise en place. Il progresse d’ailleurs encore à droite.

Mais les obstacles risquent d’être nombreux, notamment du côté du Sénat. Gérard Larcher entretien des relations avec les syndicats et pourrait décider de défendre ces bastions du gaullisme social auxquels Macron veut s’attaquer. Il possède bien sûr l’arme dissuasive puisque le président aura besoin de réunir une majorité des deux tiers des parlementaires pour faire passer une réforme de la Constitution. Ce pourrait être le moyen de pression pour faire reculer l’Élysée sur la réforme de l’assurance-chômage, qui s’annonce effectivement explosive.

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