Bernard Accoyer : "Les Constructifs n’existent que par cette polémique"

Bernard Accoyer
Bernard Accoyer

Secrétaire général des Républicains, Bernard Accoyer était l’invité politique du Grand Matin Sud Radio ce jeudi. Le dirigeant a notamment évoqué l’avenir de son parti et l’attitude à avoir vis-à-vis du gouvernement et des Constructifs.

Ils seront donc quatre : Laurent Wauquiez, Florence Portelli, Daniel Fasquelle et Maël de Calan. Quatre personnalités qui briguent le poste de président des Républicains, "un grand parti de la droite et du centre qui a failli disparaître après nos deux énormes défaites du printemps" selon Bernard Accoyer, secrétaire général des Républicains et invité du Grand Matin Sud Radio ce jeudi. "Le parti a résisté dans la difficulté, il se redresse. Nous avons immédiatement lancé un travail politique pour que les sénatoriales se passent au mieux, et elles ont été gagnées. Nous avons dans le même temps lancé un travail de réflexion pour identifier les causes de nos échecs successifs et de notre perte d’influence auprès des Français et de nos sympathisants. Ces Ateliers de la refondation montrent que nous n’avons pas été assez fidèles à nos convictions, à nos idées et à nos engagements", ajoute-t-il.

"Si on avait dû imploser, ce serait déjà fait"

Alors que Les Républicains sont aujourd’hui tiraillés entre la tentation de la main tendue à l’extrême-droite et les défections des Constructifs partis soutenir le gouvernement, Bernard Accoyer s’est montré très clair. "Si on avait dû imploser, ce serait déjà fait. Pour l’extrême-droite, nous n’avons jamais eu le moindre accord électoral et politique avec elle ou ses élus, et il n’y en aura jamais. Ensuite, s’agissant des quelques personnalités qui ont rejoint le gouvernement ou un groupe dissident à l’Assemblée nationale, il y a une procédure en cours. Ils n’existent que par cette polémique. Leur seule plus-value aux yeux du président de la République, c’est de faire croire qu’ils sont encore à droite alors qu’ils sont passés à la démocratie sociale. (...) N’en faisons pas tout un plat. Ils se sont reclassés politiquement, la procédure sera terminée le 24 octobre. Après, vous n’aurez plus ce sujet pour masquer le travail de fond que nous sommes en train de conduire", clame-t-il.

Reste que Les Républicains sont toujours entre deux eaux face à ce gouvernement qui met en place des réformes prônées par la droite depuis des années. "Il y avait dans notre programme une réforme du code du travail, la suppression de l’ISF et celle des contrats aidés. Trois mesures étaient dans notre programme, il se trouve que ce gouvernement les a mises aussi, eh bien nous les soutenons ! Après, nous ne sommes évidemment pas d’accord sur le budget, la hausse de la CSG et le renoncement à la maîtrise de la dépense publique… Nous voterons donc contre ce budget. Nous apprenons tous les jours que ce gouvernement invente de nouvelles taxes", déclare l’ancien président de l’Assemblée nationale. 

"Macron a modernisé la gauche, il nous appartient de moderniser la droite"

"Emmanuel Macron a modernisé la gauche, nous avons maintenant en France une gauche modernisée, la social-démocratie telle qu’elle existe depuis longtemps en Europe. Quant à nous, il nous appartient de nous moderniser nous aussi. Il en va de la simple exigence qu’une démocratie est un débat entre la droite et la gauche, et non pas, comme l’avait théorisé Emmanuel Macron, En Marche au milieu et les extrêmes de part et d’autre", ajoute-t-il par ailleurs.

Enfin, l’ancien député de Haute-Savoie et maire d’Annecy-le-Vieux a expliqué le choix de la droite de ne pas voter la récente loi antiterroriste en assurant que "toute une série de mesures dans le texte adopté sont moins sûres et sécurisantes pour les Français que l’état d’urgence lui-même". Il a également rappelé ses divergences avec Emmanuel Macron sur la question du radicalisme. "C’est un sujet sur lequel la droite et Emmanuel Macron ne sont pas d’accord. Il n’y a pas dans son discours la volonté de lutter contre le communautarisme et les dérives du fondamentalisme islamiste. Ce multilatéralisme qui s’accompagne d’une sorte de culture de l’excuse de ceux qui essayent de tuer la République est un ennemi mortel. Dans les déclarations et le programme de M. Macron, ce n’est pas une priorité. Pour nous, ça l’est", conclut-il.

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