Mariano Goma : "La Catalogne ne peut pas survivre sans l’Espagne"

Manifestation de partisans unionistes à Barcelone (©JORGE GUERRERO - AFP)
Manifestation de partisans unionistes à Barcelone (©JORGE GUERRERO - AFP)

Président de la Société Civile Catalane, association opposée à l’indépendance de la Catalogne, Mariano Goma était l’invité du Grand Matin Sud Radio ce mardi, une journée cruciale pour l’avenir de la région.

Indépendance ou pas indépendance ? Depuis plusieurs jours, tous les regards en Espagne et même en Europe se sont tournés vers Barcelone, après un référendum illégal sur l’indépendance qui a généré d’énormes tensions entre l’Espagne et la Catalogne. Alors que le "oui" l’a largement emporté dans ce scrutin non reconnu et organisé dans des circonstances très tendues, les Catalans opposés à l’indépendance se sont fait entendre ce week-end en descendant dans les rues de Barcelone pour faire entendre leur voix.

Président de la Société Civile Catalane, une association opposée au séparatisme catalan, Mariano Goma était l’invité du Grand Matin Sud Radio ce mardi, alors que tout le pays a les yeux fixés sur Carles Puigdemont, le président indépendantiste de la région, qui doit s’exprimer ce soir à 18h devant le Parlement catalan. "Tout le pays attend la déclaration de Puigdemont, mais je pense que personne ne sait ce qu’il va dire car ce Monsieur est devenu fou. Le gouvernement espagnol ne sait pas s’il va déclarer la (ridicule) indépendance ou s’il va stopper le processus. On ne sait pas", affirme-t-il d’emblée.

"On serait un petit satellite qui tournerait autour de rien"

Le Catalan assure par ailleurs être opposé à l’indépendance pour "plusieurs raisons". "La Catalogne ne peut pas survivre sans l’Espagne, qui est son principal client économique. L’Espagne achète 80% des produits catalans. Sans cet apport, la Catalogne serait immédiatement en faillite aussitôt la séparation actée. Une indépendance mettrait également la Catalogne en-dehors de l’Union européenne, de l’Onu, de l’Otan, de l’euro, de l’espace Schengen, etc. On serait alors un petit satellite qui tournerait autour de rien", s’alarme-t-il.

Fustigeant "l’énorme mensonge" selon lui de ceux qui assurent que la Catalogne peut survivre économiquement sans Madrid, Mariano Goma rappelle que "les deux grandes banques catalanes ont fui et trois ou quatre entreprises internationales comme Agua de Barcelona sont passées à Madrid. Cela signifie que les grandes entreprises veulent être en Europe".

"En ce moment, beaucoup de gens ont réellement peur en Catalogne. Tous les petits commerces familiaux sont silencieux car ils sont menacés de fermeture. Dès dimanche, ça a changé, et vous avez vu le million de personnes descendues dans la rue pour réclamer le retour de la paix et du futur de la Catalogne, qui ne sera jamais en-dehors de l’Espagne", ajoute-t-il.

Réécoutez en podcast l’interview de Mariano Goma dans le Grand Matin Sud Radio

 

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