Sept-Sorts : "Mobile terroriste écarté", information judiciaire ouverte mercredi

La pizzeria de Sept-Sorts, en Seine-et-Marne, attaquée à la voiture bélier
La pizzeria de Sept-Sorts, en Seine-et-Marne, attaquée à la voiture bélier

Le procureur de la République adjoint de Meaux, Éric de Valroger, a livré quelques renseignements sur le conducteur qui a foncé, lundi soir, dans une pizzeria de Sept-Sorts, faisant une victime et plusieurs blessés. Si le mobile terroriste est "totalement écarté", les motivations de son geste restent flous. Une information judiciaire sera ouverte mercredi et il sera présenté devant le juge d'instruction.

Éric de Valroger, le procureur de la République adjoint à Meaux, a livré plus de renseignements sur les événements de lundi soir à Sept-Sorts, où un conducteur a foncé dans une pizzeria, faisant une victime et plusieurs blessés.

"Nous avons à déplorer une très jeune victime décédée, cinq victimes déclarées en état d'urgence absolu, parmi lesquelles l'une d'entre elles a son pronostic vital engagé, une femme de 44 ans. Le petit frère de la victime décédée n'a pas son pronostic vital engagé. Nous avons 7 victimes déclarées en état d'urgence relatif et qui sont hospitalisées et 13 victimes qui ont été impactées sur le plan psychologique, qui se sont rendues à la cellule de l'unité médico-spécialisée et 12 autres victimes qui sont en attente de consultation par cette même cellule", a indiqué le procureur de la République adjoint.

Ce dernier a décidé de retenir les motifs de "meurtre aggravé", car "la victime est une mineur âgée de moins de 15 ans", de "tentative de meurtre aggravé", car, "parmi les autres victimes blessées, figure une victime mineure de moins de 15 ans", et de "tentative de meurtres" car "de nombreuses victimes majeures sont à déplorer".

Après son interpellation par les gendarmes, quelques minutes après les faits, un "dépistage aux produits stupéfiants" s'est révélé positif, résultat qui doit être confirmé par "une analyse sanguine dont nous n'avons pas encore les résultats". L'individu s'est déclaré "très gros consommateur de produits stupéfiants, ayant commencé à consommer dès l'âge de 9 ans", a confié Éric de Valroger.

"Les auditions s'avèrent très compliquées, floues. L'intéressé tient des propos incohérents. Il déclare avoir consommé une quantité importante de médicaments le 13 août, soit la veille des faits. Il explique qu’il envisageait de se suicider, tout en sachant pertinemment que ces médicaments ne permettent pas de mettre fin à ses jours, puis il explique que c’était finalement pour mieux dormir. Il apparaît un véritable délire de persécution, l’intéressé déclarant qu’il se sentait suivi, que les gendarmes enquêtaient sur lui", a expliqué le procureur de la République adjoint de Meaux.

Autant d'éléments qui rendent difficile l'établissement d'un mobile. Si Éric de Valroger écarte complètement la piste terroriste, il reconnaît également que l'individu "n'avait pas de contentieux particulier avec le propriétaire et il ne connaissait pas les victimes présentes".

"Quand on lui demande pourquoi avoir choisi de procéder à cet acte, dans cette pizzeria, il explique que c'était un lieu facile d'accès, sans protection et sans sécurité particulière. Il se décrit comme hors contrôle au moment des faits, il est très confus quant au mobile. Il explique que s'il commet un acte qui lui permet d'aller en prison, il sera en sécurité", a-t-il ajouté.

Enfin, il a donné des éléments biographiques de l'individu : "C’est un célibataire, sans enfant, âgé de 32 ans. Il aurait eu une petite amie pendant trois ans dont il serait séparé. Il a été condamné en 2010 par la justice pour conduite en état alcoolique, c’est la seule condamnation qui figure sur son casier judiciaire. Il habite à la Ferté-sous-Jouarre, commune proche des lieux du crime. Il n’était pas suivi sur le plan psychiatrique d’après ses proches et d’après ses propres déclarations. Il exerçait le métier de vigile, mais il avait cessé de travailler depuis plusieurs mois, ayant été victime d’un accident de travail."

"Demain, j’ouvrirai une information, l’intéressé sera présenté à un juge d’instruction dans la journée", a enfin annoncé le procureur de la République adjoint de Meaux, Éric de Valroger.

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