"La propagande radicale arrive à mordre dans toutes les catégories de population"

"La propagande jihadiste radical arrive à mordre dans toutes les catégories de population"
Claude Moniquet (spécialiste des questions terroristes) © Capture d'écran Dailymotion

Au lendemain de l’attaque à la voiture-bélier contre des militaires de l’opération Sentinelle à Levallois-Perret, Claude Moniquet, spécialiste des questions terroristes, décrypte le profil de l’assaillant.

Quelques heures après l’attaque menée à Levallois-Perret contre des militaires de l’opération Sentinelle, le suspect a été interpellé sur l’autoroute A16. Blessé par balle lors de son arrestation, il a été hospitalisé avant sa garde à vue. En attendant, les enquêteurs tentent d’en savoir plus sur cet Algérien de 35 ans. Ils ont notamment perquisitionné un appartement situé à Bezons, dans le Val d’Oise. Pour Claude Moniquet, spécialiste des questions terroristes et ancien de la DGSE, "on est un peu en face d’un OVNI". "Il n’a aucun passé islamiste, il n’était pas fiché S, il n’a pas de passé criminel", alors que "25 à 30 % des jihadistes ont un passé criminel", affirme le spécialiste pour qui ce cas n’est pas "aussi rare qu’on le pense". "Il n’y a pas de profil type et la propagande jihadiste radical arrive à mordre dans toutes les catégories de population", résume-t-il. 

Des attaques improvisées

Pour expliquer cette capacité à embrigader, Claude Moniquet met en avant la simplification de la propagande opérée par l’État islamique. "À l’époque d’Al-Qaïda, c’était des textes imbuvables, des dizaines de pages de références coraniques. Il fallait déjà avoir une culture islamique assez conséquente pour s’y retrouver", alors qu’aujourd’hui "l’État islamique a simplifié tout ça" permettant de séduire "en priorité des gens déboussolés" tout comme des gens "qui sont en recherche de sens". Seul véritable point commun entre tous ces profils selon l’ancien agent de la DGSE : une faille dans le parcours de vie, notamment "un passage en prison, une expérience familiale difficile, un problème de stupéfiant qui n’a pas été surmonté". "Quelque chose qui fait, qu’à un moment donné, il n’y a plus d’adéquation entre la vision que l’’individu a de son avenir propre et ce surmoi sociétaire qu’on peut lui offrir", explique Claude Moniquet. 

L’attaque survenue mardi matin à Levallois-Perret s’inscrit également dans le changement de tactique opéré par le groupe État islamique en Europe, rappelle le spécialiste des questions terroristes. "Depuis novembre 2015, tout ce qu’on a vu en France et dans plusieurs pays d’Europe, c’était très improvisé", avec des gens "déconnectés de l’État islamique en tant qu’organisation [...] qui sont invités à agir chez eux, avec n’importe quel moyen". Pour Claude Moniquet, ces attaques visent toujours "à répandre une peur par rapport à une communauté" à laquelle "il ne faut pas céder".

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