Kamal Redouani : "On peut douter de la revendication de Daech pour Marseille"

Kamal Redouani : ""On peut douter de la revendication de Daech pour Marseille"
Le journaliste Kamal Redouani © Capture d'écran You tube

Kamal Redouani (Grand reporter de guerre, documentariste et auteur de l'ouvrage "Inside Daech") était ce mardi l'invité de Patrick Roger dans le Grand Matin Sud Radio.

La récente attaque au couteau qui a coûté la vie à deux jeunes filles à Marseille, mais aussi la tuerie de Las Vegas ont toutes deux été revendiquées par Daech, mais le doute subsiste néanmoins. Ces revendications sont-elles crédibles ou s'agit-il simplement d'opportunisme de la part de l'organisation terroriste ? Pour Kamal Redouani, rien n'est moins sûr, mais la rapidité avec laquelle les deux actes ont été revendiqués incite à la prudence.

"Daech continue de commettre des attentats et continue de former des gens"

Invité ce mardi du Grand Matin Sud Radio, notre confrère - auteur de l'ouvrage "Inside Daech" - constate deux différences significatives par rapport aux précédents. "On ne peut pas être certain de la revendication, mais ce que l'on peut remarquer, c'est que Daech a vraiment très rapidement revendiqué les deux attentats, ce qui n'est pas habituel. Ils n'ont pas mis en ligne non plus des références qui montrent leurs liens avec les deux auteurs", explique-t-il. Concernant Marseille, "on peut douter de cette revendication, ils sont peut-être opportunistes parce qu'ils ont reculé", ajoute-t-il.

Si d'aventure cette revendication s'avère être opportuniste, est-ce que cela signifie que l'organisation cherche à faire parler d'elle, alors que l'étau semble se resserrer sur ses combattants dans la zone irako-syrienne ? Difficile à dire selon Kamal Redouani car "Daech a eu du temps - en Libye et en Irak par exemple - pour s'organiser autrement et attirer vers eux des gens que l'on ne connaît pas ici, qui ne sont pas fichés et qui peuvent commettre des attentats en leur nom, sans qu'il y ait véritablement de liens entre eux". Doit-on y voir un tarissement des filières de recrutement européennes ? "Je ne pense pas" répond notre invité qui rappelle que "Daech, malgré le fait qu'il perd du terrain et des villes (...) continue de commettre des attentats, continue de former des gens et de frapper". "Ils ont encore cette puissance de frappe qu'avait Al-Qaïda à l'époque et vont redevenir ce qu'était Al-Qaïda, c'est-à-dire rentrer dans la clandestinité. C'est ce qu'ils font petit à petit, ils s'organisent de telle sorte, ils ont l'expérience et la mémoire de ça", conclu-t-il.

>> Retrouvez l'intégralité du podcast de l'interview :

 

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