Emmanuelle Ménard : "La France a besoin d’un grand mouvement conservateur"

Emmanuelle Ménard, députée de l'Hérault
Emmanuelle Ménard, députée de l'Hérault

Députée (apparentée FN) de l’Hérault, Emmanuelle Ménard était l’invitée politique du Grand Matin Sud Radio ce jeudi.

Quelques mois après l’élection présidentielle, le Front national panse encore ses plaies et doit désormais digérer le départ de Florian Philippot et les conséquences engendrées. Gravitant autour du parti sans pour autant y être affiliée, Emmanuelle Ménard, députée de l’Hérault, était l’invitée politique du Grand Matin Sud Radio ce jeudi pour évoquer notamment cette recomposition à venir. Cette dernière confesse ainsi suivre "avec beaucoup d’intérêt" l’évolution de la situation, "puisque l’union des droites qui nous est chère dépend aussi des positions prises par ce parti" selon elle.

"La France a aujourd’hui besoin d’un grand mouvement conservateur qui ait une ligne claire. Ce qui fait défaut en France de nos jours, c’est que les Français ont l’impression que les leaders politiques slaloment, sans véritable colonne vertébrale. Il faut définir un grand projet qui soit commun à toute cette partie de la population française qui se retrouve sur des valeurs communes. C’est ça qu’il faut construire aujourd’hui", déclare-t-elle avant d’aborder plus précisément l’épineuse question du leader politique qui devrait incarner cette fameuse union des droites, à l’heure où une éventuelle prise de pouvoir de Laurent Wauquiez chez Les Républicains pourrait rebattre les cartes.

"Wauquiez ne peut rien dire aujourd’hui sinon il est mort"

"En France, avec notre système politique, il faut quelqu’un qui incarne tout ça. En tant que députée, je peux vous dire qu’il n’y a évidemment pas de cordon sanitaire autour des députés FN. Heureusement qu’on travaille ensemble et qu’on se parle, mais se parler signifie avoir des débats d’idées. (…) Pourquoi pas se rejoindre sur une base commune ? Je l’espère ! Mais il faut que chacun fasse un pas. Laurent Wauquiez ne peut de toutes façons rien dire aujourd’hui. Tant que le congrès des Républicains ne sera pas passé, il a les mains liées. Le moindre candidat LR qui bouge le petit doigt aujourd’hui, il est mort. On le fusille en vol. Donc aujourd’hui, rien ne se passera. Il faut attendre le congrès", assure-t-elle.

En tout état de cause, Emmanuelle Ménard refuse d’attacher le nom Le Pen à un repoussoir électoral. Selon elle, les raisons de l’échec du FN sont ailleurs. "À l’élection présidentielle, 11 millions d’électeurs ont jugé que le nom Le Pen n’était pas un repoussoir. Le plafond de verre est probablement lié en partie au nom Le Pen, mais au programme aussi. La sortie de l’euro n’est pas seulement anxiogène mais dangereux pour la France. Il ne faut pas le faire. Au niveau du programme économique, Marine Le Pen s’est rendue compte avec son échec à la présidentielle qu’elle ne pouvait pas continuer dans cette direction", indique-t-elle.

"La police de proximité ? Il faut arrêter ces effets d’annonce"

Celle qui est aussi l’épouse de Robert Ménard, maire de Béziers, a également réagi à la mise en place d’une police de sécurité du quotidien, héritière de la fameuse police de proximité. "Les intentions sont bonnes. Les Français ont besoin de plus de sécurité. Mais comment tout cela va se concrétiser dans les faits ? On entend déjà des syndicats de police très inquiets car selon leurs informations les recrutements seront dirigés principalement vers Paris et sa banlieue. Or, le problème est national, pas uniquement francilien. Il faut arrêter avec ces effets d’annonce. Il y a une loi en France, qui existe mais qui est mal appliquée. Il y a des choses faciles à mettre en place, et il existe déjà des polices de proximité avec les polices municipales, sur lesquelles on ne s’appuie pas assez. Il suffirait de leur donner un tout petit peu plus de moyens et de pouvoir, et ça pourrait régler un certain nombre de choses. Par exemple, ils ne peuvent pas faire de contrôles d’identité sauf en cas de flagrant délit. Si on leur donnait ce moyen-là, ils pourraient être beaucoup plus complémentaires de la police nationale", plaide-t-elle.

Réécoutez en podcast l’interview d’Emmanuelle Ménard dans le Grand Matin Sud Radio

 

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